LEONARDO COIMBRA: LE PHILOSOPHE PORTUGAIS LE PLUS REMARQUABLE
AU XXe SIÈCLE
Manuel Ferreira Patrício
Universidade de Évora
Academia das Ciências de Lisboa
L'étude attentif de la philosophie portugaise m’a convaincu que ses deux
philosophes majeurs sont Pedro da Fonseca (1528-1599) et Leonardo Coimbra
(1883-1936). Par sa stature philosophique et par sa personnalité expansive et
assertive, Leonardo Coimbra a rempli le vingtième siècle portugais. Sa formation d'origine n'a pas eté philosophique, mais scientifique. En effet, il a étudié Sciences Physiques et Mathématique à l'Université de Coimbra (1898-1903) et a conclu le cours de Mathématique à l'École Polytechnique du Porto (1906-1909). Il a exercé le magistère de Mathématique et Dessin dans l'enseignement lycéen, passant à la Faculté de Lettres de l'Université du Porto, que lui même avait créée en tant que Ministre de l'Instruction Publique, en 1919, jusqu'à 1931, date de clôture de la Faculté par le nouveau régime politique, hostile à la I République.
Son premier livre correspond à la dissertation avec l'aquelle il s'est
présenté à concours à la place d'assistant du Groupe de Philosophie de la Faculté de Lettres de l'Université de Lisbonne (1912). Il s'est intitulé Le Créationnismeébauche de système philosophique. La vie de Leonardo a eté de grande intensité: au plan politique, au plan culturel, au plan philosophique, au plan professionnel, finalement au plan religieux. Leonardo Coimbra a eté, dans la période de la I Republique Portugaise, et jusqu'à sa mort, une grande personnalité nationale.
Son orientation philosophique a eté marquée dès le commencement par une attitude
spirituelle opposée au positivisme et au matérialisme dominants. Les écrits de Leonardo
antérieurs à son premier livre ont révélé un dialogue fort du philosophe avec Leibnitz et
avec Bergson. Ce dialogue s'est postérieurement élargi à Kant et particulièrement à la
philosophie française, du néo-kantien Charles Renouvier et des spiritualistes, comme
Maine de Biran, Ravaisson, Hamelin et Lachelier. Dans ce dialogue a marqué une présence
profonde, dont l'extension et fondement ne sont pas encore suffisament etudiés, le
philosophe et politique Jean Jaurès. Nous savons, par indication de Leonardo Coimbra luimême
dans son livre Le Créationnisme, que le philosophe portugais a connu le livre de
Jaurès De la Réalité du Monde Sensible. Il arrive que le système philosophique de Jaurès
est dans ce livre qualifié par l'auteur lui-même comme étant un créationnisme. Les
connaisseurs de Leonardo Coimbra ont considéré que sont créationnisme est dans une base
gnoséologique, en ascendant après au plan moral et finalement au plan axiologique et
ontologique. Le sens du penser philosophique de Leonardo Coimbra est ascensionnel,
anagogique. Le sommet le plus haut c'est le Transcendant ou la Présence, dans la rigueur
pleine du penser La Personne. Ce mouvement anagogique se définit finalement,
inévitablement, comme anthropagogique et, dans le sommet suprème, comme pananagogique.
L'anthropologie philosophique de Leonardo Coimbra culmine – dans une plus
parfaite expression, s'accomplit – en anthropagogie et en cosmagogie (cosmos-agogia,
dans le mouvement ascensionnel en être, du cosmos lui-même), comme postérieurement
dessinera Teilhard de Chardin.
L'Amour ocuppe, dans la philosophie créationniste de Leonardo Coimbra, le centre des centres, le noyau des noyaux. Par les années 30 du XXe siècle, déjà proche de la ligne de la mort tragique qui a été la sienne, Leonardo s'est intéressé par Max Scheler et par Martin Heidegger, comme il est patent dans des pages publiées postérieurement et dans le temoin des disciples les plus proches (José Marinho, Delfim Santos et Álvaro Ribeiro). Fidèle toujours à la Raison, sa fidelité s'est fixée avec pureté de lignes et fulguration dans une Raison qui, face a la Raison des Lumières, nous pouvons caractériser comme une Raison Majeure, Raison Magna, ou Trans-Raison, plus vidente qu'évidente, plus intellective que discursive, plus expérientiale qu'expérimentale. L'Amour, lui-seul, voit du côté de dedans, voit le dedans, voit l'infini dans le fini, l'aumône d'être dans le vide du néant, comme Leonardo s'est exprimé dans ses deux écrits sur Saint François d'Assise et la Vision Franciscaine de la Vie.
Leonardo Coimbra persiste vivant et palpipant dans la pensée philosophique
portugaise contemporaine. La «Presse Nationale» se trouve dans la phase finale de publication de l'édition critique de ses
OEuvres Complètes, de cette façon le rendant plus acessible à tous.Voici l'information sur les principales oeuvres philosophiques de Leonardo
Coimbra:
1912 – O Criacionismo – esboço de sistema filosófico
1913 – A Morte
1915 – O Pensamento Criacionista
1916 – A Alegria, a Dor e a Graça
1918 – A Luta pela Imortalidade
1921 – O pensamento filosófico de Antero de Quental
1922 – Do Amor e da Morte
1923 – A Razão Experimental
1923 – Jesus
1927 – São Francisco de Assis (Visão Franciscana da Vida)
1927 – São Francisco de Assis e a Visão Franciscana da Vida (Os dois pólos limite: o
Nada e o Infinito)
1934 – A Filosofia de Henri Bergson
1935 – A Rússia de Hoje e o Homem de Sempre
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L’Homme et la Philosophie De l’Homme
Voies d’interpretation Luisa Guerra, Portugal L’Homme est le seul éducateur de l’Homme. Fini et imparfait, il a creusé dans le temps, sa propre réflexion. D‟essai en essai, il a bâti son profil, image caleidoscopique avec des multiples índices de polarisation et de valence. La nature ignore ce dynamisme. Elle est une structure opaque que s‟accomplit, monotone, dans un processus irreversible. Dans le plan du macro et dans le plan du micro, la transformation se produit par des chaînes de phénomènes aveugles, même quand ils sont régis par la probabilité et par l´índétermination. Le plan historique est ambivalente. Il se définit par la rebéllion et par l„ouverture. Il se balise entre la culture de la main et la culture du langage. La main est une chiffre et un instrument de survivance. Elle s‟enracine dans l‟espace, elle change le milieu ambient, elle crée des articles qui moulent des habitudes et de nauveaux courants de conduite, elle fabrique un monde artificiel qui corrompt et détruit le monde naturel. Elle fait jaillir la machine et la machine engendre un nouvel homme et un nouveau paysage.Elle agit selon des plans et selon des buts. Donc, elle inscrit dans l‟opacité brute de la matière, l‟echo et le project de la raison. Sous cet aspect (et pour ne nous placer dans le niveau qui va du coup de poing à l‟informatique et aux satéllites artificielles) nous devons conclure que tout l‟apparat técnique a un visage humain. L‟évolution est un processus intégré. Un cycle de dévelloppement ne détruit pas un autre cycle. Il l‟assume et il le prolonge. Les pas oscilants et symboliques de l‟homme dans la lune témoignent la fièvre etérnelle de Prométhée. La révolution industrielle qui a tant troublé nos ancêtres n‟est plus qu‟un marc possible dans la longue aventure de l‟Humanité. Le savoir de chaque homme, même capitalisant le savoir de générations à travers les siècles, est toujours céllulaire et regional. Chaque moment de civilisation est une fraction encore infime de la meta-civilisation. Notre être-dans-le-monde est artisanal. Nous vivons encore sous le signe de la rupture (Science, Philosophie, Art, Réligion) avec des directions multiples et imprévues. Les savoirs s‟organisent comme des systèmes clos, avec leurs paramètres, leurs contenus, leur methodologies. Il y a une sorte d‟autonomie et cette autonomie déchire et empêche le savoir unitaire. Les hommes d‟aujourd‟hui qui aperçoivent déjá l‟ère post-industrielle, doivent refaire, comme Sisyphe, leur interrogation pour retrouver l‟ignorance socratique. “Je ne sais que je ne sais rien“ continue à être l‟attitude la plus lucide et la lecture la plus globale. Edgar Morin le reconnait aussi quand il afirme dans le Paradigme Perdu: “La Science n‟est pas dans ses derniers développements mais dans le recommencement. Elle n‟apporte pas la vérité par rapport aux dogmes réligieux, métaphysiques au politiques: elle n‟a pás encore résolu ses problèmes elémentaires de vérité, d‟éthique, de liaison avec les finalités sociales. Elle bégaie et elle balbutie lorsqu‟elle sort de ses équations qui manipulent dês pouvoirs formidables. Nous sommes au début de la connaissance”. L‟humilité socratique ouvre toutes les perspectives et elle nous projecte, en sûreté, dans la civilisation planétaire. Emerveillé avec les sondes espaciales et avec la cybernètique, subissant le danger des desequilibres écologiques avec l‟épuisement des ressources energétiques, l‟homme de notre temps, s‟imagine avec arrogance, dans l‟apogée (il est comme il a toujours été) seulement en chemin et dans un seuil. Il se mouvemente dans un monde mécanisé qui, si d‟une part le pousse pour la réfléxion et le loisir, d‟une autre le rend esclave et victime. Le philosophe de notre temps, repensant sa situation dans l‟histoire ne doit pas seulement se retrouver dans les progrés de la Science et dans les applications sophistiqués de la tecnique. Il doit aussi ouvrir des chemins pour un humanisme qu‟ on pourra appeler cosmique. Il doit apprendre avec ses conquêtes et avec ses erreurs. La philosophie deviendra pédagogique parce qu‟il ne suffit pas une lecture limitée, une vision sectorielle. Le príncipe de la sagesse et de la plus lucide intelligence est la reconnaissance de l‟ignorance. Sous cet aspect, l‟homme doit toujours recommencer en partant de la conscience de la rupture. L‟optimisme est un blocage. Le sentiment de possession l‟est aussi. Les voies de la Philosophie passeront toujours (à notre avis) par la découverte, de plus en plus vivante, de la finitude. L‟homme devra toujours être éduqué, conduit par les immenses ressources actuels de la thecnique qu‟il a crée, pas pour un narcisisme triomphant mais pour l‟enthousiasme d‟une vision architectonique et poliphonique de l‟univers. La spécialisation (de plus en plus nécessaire) montre bien combien nous sommes encore au début du savoir. Seule la recherché pédagogique saura diriger l‟homme. Cette recherche est l‟autre nom et le visage éternel de la philosophie. La “guerre des étoiles” qui attire les attentions des gouvernements est le signe d‟un printemps. L‟expansion pour le cosmos rompt le regiomalisme du savoir et ramène l‟homme à son échelle. Pas pour l‟écraser mais pour lui dire qu‟il doit se découvrir soi-même dans l‟authenticité de sa dimension. Ce sera le chemin toujours ancien et toujours renouvelé de la philosophie: enseigner à l‟homme que la pensée est dialogue. Enseigner à l‟homme que, dans l‟imensité du cosmos son savoir n‟est plus q‟une interrogation atomique. Un regard tremblant et vivant. Une possibilité fragile. Une incohérence qui vient à peine de naître.