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Aktualisiert am 12.11.2003
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Spanien / Spain /l'Espagne


Pedro O r t e g a-Campos, Madrid

Curriculum de la Philosophie dans la réforme.

D'après la loi organique générale du système éducatif (LOGSE), Espagne

In: Bulletin 31 (octobre 1994)


On prévoit malheureusement un type d'homme technicisé: celui qui sera issu de la présente Réforme (l'immense majorité des laissés-pourcompte au triage de la Sélection du mois de juin sont repêchés en septembre - on suppose qu'il s'agit des moins bien préparés - et ne trouvent de place que dans les Facultés des Sciences Humaines...). On suggère des valeurs mais l'on supprime la capacité critique. On claironne partout les fondements de la LOGSE sur des principes philosophiques et l'on restreint du même coup le temps dévolu a la Philosophie.

La Réforme de la LOGSE affecte les études non universitaires (les Universités de l'Etat disposent de quelques Facultés de Philosophie faiblement fréquentées, où après cinq cours académiques on peut obtenir la hcence dans la spécialité "Philosophie pure"). Nous n'abordons pas pour le moment l'Education Générale Basique (EGB) qui était obligatoire jusqu'à 14 ans et qui porte maintenant de 6 à 12 ans. Nous nous réferons ici à l'Enseignement Secondaire Obligatoire (ESO) et au Baccalauréat.

1. Comment sont distribués les cours académiques dans la Réforme

1. Enseignement Secondaire Obligatoire:

1.1. Premier cycle: a) Première année (équivalant à 7éme actuelle de l'EGB): commence à 12 ans. b) Deuxième année (équivalant à Xème actuelle de l'EGB): commence à l3 ans. Se trouvant a la fin d'un cycle, les éléves ont le droit de répéter "une fois" (en cas de recalage, ils sont promus au deuxième cycle, même avec des notes éliminatoires ) .

1.2. Deuxième cycle. (Nouveauté: caractère obligatoire et gratuité pour tous)
c) Troisième année (équivalant a 1ère actuelle de BUP): commence à 14 ans.
d) Quatrième année (équivalant a 2éme actuelle de BUP): commence à 15 ans. Se trouvant à la fin d'un cycle, les éléves recalés dans une ou plusieurs matières peuvent acceder au Baccalauréat, mais en tirant la sonnette de différents Centres "a la discrétion du Conseil scolaire de chaque Institut d'enseignement secondaire (IES)". Des cours sont donnés sur la discipline "La vie morale et la réflexion éthique" organisée commer matière à caractère obligatoire pour tous les élèves. Assignée au corps enseignant du Département de Philosophie.

2. Baccalauréat (ou "cycles formatifs"
c'est-à-dire, modules de durée variable)

a) Première année (équivalant à l'actuelle 3ème BUP): commence à 16 ans.
b) Deuxième année (équivalant à l'actuel COU): commence à 17 ans.

L'élève peut choisir entre quatre modalitès:
A. Artistique
B. Humanités (littéraire) et Sciences Sociales
C. Sciences Naturelles et de la Santé
D. Technologique

II. Quelques précisions inévitables

Même si les inconditionnels de la Réforme plaident que le nouveau Bac a été élargi de 12 à 17 ans, il n'empêche que de sa réduction à deux années scolaires dérivent bon nombre des aspects les plus fréquemment critiqués. Ce que l'on a fait c'est simplement relever les deux dernières années de l'EGB (non pas les contenus) tout en réduisant celui-ci a une structure d'Enseignement moyen - dit maintenant Secondaire - et inscrire leur caractère obligatoire dans deux années de Baccalauréat. Cela donne un mélange et transvasement du corps enseignant et des élèves d'EGB et de Secondaire qui n'en est qu'au stade initial et qui donne théoriquement l'impression d'une prolongation de l'enseignement.
Les principes de compréhensibilité et de transversalité déjà methodologiquement dépassés dans certains pays européens, sont recueillis ici au nom de l'égalité, de la liberté et la solidarité valeurs toujours défendables, cela va de soi.
Mais il ne suffit pas de prolonger de quelques années la scolarisation des élèves. Pour l'heure, l'avantgoût des expériences qui ont été constatées dans quelques secteurs du régime d'enseignement LOGSE est assez inquiétant. Beaucoup trop de décalage en deux années seulement. Ou bien on abaisse le niveau d'exigence pour l'accès aux études supérieures, ou bien l'on relève le plafond du deuxième cycle de l'ESO, à défaut de quoi cette articulation des études devraêtre modifiée.
Le type d'élève qui accède à ce stade et la distorsion entre les objectifs proposés et la faible marge de temps pour y parvenir réclameront toute notre attention. De nombreux écoliers deviendront des lycéens uniquement parce qu'ils n'auront pas trouvé leur place dans un cycle de formation qui les aurait habilité à s'intégrer plus rapidement dans le monde du travail.
C'est le principe d'unité qui prévaut dans l'ESO, alors que la diversité est la règle pour le Bac à travers les matières optionnelles et les "cycles formatifs" ou modules. Encore que la modalité des options commence timidement a poindre dans l'ESO, mais avec une faible assignation horaire et dans des buts plutôt instrumentaires au service de l'orientation. Les enseignements optionnels, avantageux pour les éléves et pour les professeurs, favorisent la naissance de nouvelles inquiétudes, le renouveau didactique et la diversité des formations, des vocations et des débouchés professionnels pour les élèves. La configuration du Baccalauréat en quatre modalités est fondée sur une franche tendance à la diversité. C'est pourquoi la première année du Bac ouvre déjà une fenêtre à loptionnalité qui est redoublée la deuxième année. Parmi les quatre variantes, la plus malmenée est ceDe des "Humanités et Sciences Sociales" dans laquelle s'intègre l'histoire de la Philosophie.

Il faut relever que les disciplines du Baccalauréat sont divisées en trois catégories:

a) communes,b) spécifiques, propres ou de modalité et c)optionnelles.

A ne pas passer sous silence ce qui est encore le plus regrettable: l'éventail des disponibilités horaires décrétées sur leurs territoires respectifs par les différentes Communautés Autonomes compétentes en matière d'éducation, ce qui signifie une disparité des contenus et des optiques éducatives qui - je le crain- se traduira en fin de compte par une détérioration au détriment des possibilités de travail à l'échelle du territoire national.

III. Quelle est donc la place de la Philosophie dans la Réforme?

1. Dans l'ESO:

On dispensera "La vie morale et la réflexion éthique" deux heures par semaine (commune et, partant, obligatoire pour tous les éléves de 4ème année ESO), là où elle aurait été organisée par les Départements de Philosophie comme matière spécifique. Cependant, les Centres de formation professionnelle ne disposent pas de Département de Philosophie. Résultat ? Que l'éthique n'est pas programmée comme une matière spécifique, mais qu' elle est enseignée de manière transversale et sans assumer son caractère nettement philosophique.

La plausibilité de l'optionnalité laisse la porte entrouverte au professorat de Philosophie. Pourquoi? Parce qu'on peut en faire des options sur proposition du Conseil des maîtres, telles que "Philosophie pour enfants" (deux heures par semaine en 3ème année ESO), ou encore "Art de penser/lnformatique" (trois heures par semaine en 4ème annce ESO).

2. Au Baccalauréat:

2.1. Philosophie comme matière commune et/ou spécifique:

a) lère année: commune et par conséquent obligatoire: Cours de Philosophie. Il dispose de trois heures par semaine (quatre auparavant).

b) Deuxième année: specifique du Bac modalité Humanités et Sciences Sociales:
Histoire de la Philosophie. Elle dispose de quatre heures par semaine (auparavant quatre heures également, mais commune et de ce fait obligatoire pour tous les élèves). Mais il y a une circonstance aggravante: les éléves suivent trois matières spécifiques de modalité parmi six possibles. Rares seront les étudiants en H i s t o i r e de la P h i l o s o p h i e, pour ne pas dire aucun surtout si l'option Littéraire est la moins choisie. Sans oublier toutefois que les élèves suivant d'autres modalités de Baccalauréat pourraient choisir comme "optionnelle non spécifique" la discipline Histoire de la Philosophie. Mais si comme je viens de le dire, il y a péril en la demeure pour ceux qui suivent le Bac dans la branche littéraire, qu'en sera-t-il des modalités restantes?

Si cela ne suffisait pas, les élèves du nouveau Baccalauréat examinés en 1994 sont assujettis à la réglementation LOGSE - et au Décret Royal 1179/92. Dans ce sens, ils ont le droit et l'obligation de disposer de l'option histoire-philosophie - qui leur a été escamotée - dans 1'exercice commun les opposant à la Sélection (Epreuve d'accès a l'Université). C'est tout cela, entre autres, qui a provoqué le recours contentieux que la Société Espagnole des Professeurs de Philosophie (SEPFI) a introduit contre le Ministère de l'Education Nationale en juillet 1994.

2.2. Optionnelle commune à toutes les modalités de Baccalauréat dans lesquelles le professorat de Philosophie peut enseigner:
a) lère année: Psychologie. Dispose de quatre heures par semaine. Peut étre donné par le professeur de Philosophie pour autant que l'établissement ne dispose pas dans son Service d'orientation d'un professeur attitré en psychologie.
b) 2ème année: Science, Technologie et Société, surtout les blocs de programmation I, III et IV; et Communication audiovisuelle surtout les blocs de programmation III, IV et V. Etant interdisciplinaires, cela signifie qu'il faudra enseigner à temps partagé avec des professeurs d'autres matières.

Il serait souhaitable qu'en plus d'impartir au corps enseignant des cours de spécialisation sérieusement conduits, l'autorité administrative de l'Education fut mieux à même de discerner parmi les critères d'aptitude et de spécialisation en vue d'éviter les antagonismes entre les professeurs. Car si l'on ne parvient pas au consensus, les influences commenceront à jouer et le conflit sera servi. Peut-on ignorer les risques d'empiétement sur l'optionnalité présumée ensuite de l'imposition des professeurs les plus influents de l'établissement scolaire et du choix "téléguidé" des élèves? Elles peuvent étre données indistinctement à la discrétion des Communautés Autonomes compétentes en matière éducative en lère et 2ème année de Bac, mais pas dans les deux cas à la fois. Chacune d'elles dispose de quatre heures par semaine. Pendant la durée du Bac, les élèves peuvent choisir trois matières optionnelles, quatre au maximum. Pour donner un cours optionnel, il faut qu'il soit demande par quinze élèves au moins.

Il y a encore d'autres matières optionnelles que les Départements des IES peuvent suggérer a la Commission de coordination pédagogique du Centre: dans le cas du Département de Philosophie on trouve, par exemple, l'Histoire de la Pensée espagnole, Philosophie de la Religion, Economie et Philosophie sociale, etc. Il y a lieu de rappeler la possibilité d'options supplémentaires, contrairement à ce que dit l'Ordre.

La structure des Unités Didactiques des différentes matières de Philosophie est la suivante: 1) Justification. II) Objectifs spécifiques. III) Contenus conceptuels: a) en lère année de Baccalauréat: nature-culture, raison-passion, esprit-corps, expérience-raison, apparence-réalité, liberté-déterminisme, raison instrumentale-technique, ordre-changement social, Droit-Justice, l'activité productive: le travail, individu-société, utopies sociales, etc. En résumé, exposition des concepts de base de la Philosophie; b) en deuxième année de Bac: deux auteurs et au moins deux de leurs textes respectifs, de libre choix, appartenant aux quatre grandes époques de l'Histoire de la Philosophie et portant sur les procédés et les attitudes. Bref, exposition des grandes théories philosophiques. IV) Enquête initiale. V) Activité (avec évaluations respectives). VI) Développement conceptuel. VII) Vocabulaire. VIII) Bibliographie.

Il faut souligner que les problèmes d'espace, la pénurie du matériel et l'absence de temps à consacrer à l'élève de manière personnalisée (une minute et demie pour chacun des 30 élèves par classe), l'empressement de l'imposition administrative de la Réforme et la nonacceptation par une majorité des Centres éducatifs sont malheureusement au premier plan dès le début.

Comme on le voit, un enseignement philosophique eparpillé ("tra"sversal" que diraient les techniciens du Ministère) a travers tout le menu des contenus de l'ESO et du Baccalauréat, mais qui exige un supplément d'efforts suite à sa fragmentation et aux changements de niveau provoqués par les écarts dans l'âge des élèves auxquels nous sommes voués. En vérité, "on ne peut pas bâtir pour démolir et il faut mener le jeu aux moindres frais et sans gaspillage de raison" (Kant).